Zadar

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Zadar et ses alentours forment un archipel de pierres et de lumière où l’histoire, la mer et l’art se mêlent sans cesse. Entre les îles calcaires de l’Adriatique, les remparts vénitiens et les inventions contemporaines qui dialoguent avec les vagues, cette route trace un cercle autour d’une ville qui a su garder l’âme des siècles passés tout en regardant vers demain. On y découvre des villages de pêcheurs accrochés aux pins, des forteresses perchées sur des hauteurs vertigineuses, des monuments qui chantent avec le ressac et des églises où reposent des trésors d’or et de foi. L’ordre du voyage part des rives de Zadar, monte vers les sommets d’Ugljan, redescend sur les flots du canal, puis revient vers la ville où chaque pierre raconte une histoire.

L’île d’Ugljan, entre oliviers et brises marines

Ugljan s’étire comme une dorsale blanche au nord-ouest de Zadar, séparée du continent par un étroit bras de mer. Ses sept villages alignent leurs maisons de pierre le long d’une côte découpée en criques secrètes, tandis que le sud-ouest plonge abruptement dans des falaises inaccessibles. Au centre, la forteresse Saint-Michel veille depuis le XIIIe siècle, bâtie par les Vénitiens sur les ruines d’un ancien monastère bénédictin. Ses murs de calcaire blanc dominent l’archipel, offrant un panorama qui s’étend jusqu’aux Kornati par temps clair.

Les pins parasolent les chemins qui mènent de Lukoran à Sutomišćica, où les maisons du XVIIe siècle portent encore les blasons des familles nobles locales. Lukoran, blotti sous les pins, est le berceau du chant « Zora puca », tandis que Sutomišćica cache une baie en forme de croissant où les bateaux s’amarrent à l’ombre des figuiers. Plus au large, l’île minuscule d’Ošljak, autrefois domaine d’une famille vénitienne, ne compte plus que vingt-neuf habitants et une église du VIe siècle dédiée à la Vierge, lovée contre les rochers.

La route qui serpente entre les champs d’oliviers et les terrasses de vigne mène à Poljana, un hameau tourné vers le canal. Ici, la terre est généreuse : les puits ne tarissent presque jamais et les légumes poussent en abondance. L’église Saint-Pierre, romane du XIIIe siècle, veille sur ce coin de terre où le temps semble suspendu entre deux marées.

La vieille ville de Zadar, mémoire de pierre et de mer

Au cœur de Zadar, le Forum romain étale encore ses colonnes et ses marches usées par deux mille ans de pas. Deux fûts de marbre se dressent, l’un debout à sa place antique, l’autre transformé en lavoir médiéval. Autour, les ruelles pavées de galets blancs mènent à la cathédrale Saint-Anastase, la plus vaste de Dalmatie, où les reliques de la sainte reposent sous un plafond roman sculpté. Son titre de basilique mineure lui fut accordé en 1867, et Jean-Paul II y posa le pied en 2003.

À deux pas, la petite église Saint-Donat domine le forum de sa masse octogonale, vestige byzantin du IXe siècle. Ses murs épais renferment une acoustique parfaite pour les concerts d’été, tandis que les fragments de colonnes romaines incrustés dans la maçonnerie rappellent que ce lieu fut d’abord un temple païen. Juste à côté, la cathédrale Saint-Chrysochome abrite sous son autel le sarcophage de saint Siméon, chef-d’œuvre d’orfèvrerie dalmate du XIVe siècle recouvert de plaques d’argent ciselées.

La rue mène ensuite au monastère bénédictin Sainte-Marie, fondé en 1066 par une noble dame et agrandi par le roi Petar Krešimir IV. Son clocher roman, orné de fresques du XIIe siècle, offre un point de vue sur les toits de tuiles rouges et les flèches des églises. Le portail Renaissance, ajouté en 1507, s’ouvre sur un intérieur baroque où les stucs dorés encadrent les pierres tombales des abbesses.

L’architecture qui respire avec la mer

Sur le front de mer, la Meeresorgel, conçue en 2005, transforme le mouvement des vagues en mélodies. Trente-cinq tuyaux d’orgue, immergés sous une pente de vingt degrés, produisent des accords changeants selon le rythme des flots. Les habitants et les visiteurs s’assoient sur les marches de béton pour écouter cette symphonie naturelle, tandis que les reflets du soleil dansent sur les tubes de plastique transparent.

À quelques mètres, le Monument au Soleil déploie un disque de trois cents plaques de verre photovoltaïques, large de vingt-deux mètres. Chaque plaque capte l’énergie du jour pour illuminer la nuit d’un jeu de lumières synchronisé avec le coucher du soleil. Les cercles périphériques représentent les planètes à l’échelle, et l’ensemble fonctionne comme un calendrier solaire indiquant les fêtes des saints locaux.

Le soir, lorsque les dernières notes de l’orgue s’éteignent, la place Narodni trg s’anime sous les réverbères. Ce grand espace médiéval, pavé de dalles de poisson et de pierre blanche, fut le cœur politique de la ville dès le XIIIe siècle. On y trouve l’ancienne mairie, l’église Saint-Laurent du XIe siècle et le palais Girardini, tous en pierre claire sous la lune. La place fut élue plus belle place de Croatie en 2005, après avoir accueilli les célébrations de l’Eurovision en 1989.

Les portes et les forteresses, gardiennes du temps

Le Landtor, ou Porte de Terre ferme, se dresse comme un livre d’histoire en pierre. Érigée en 1537 par l’architecte Michele Sanmicheli, elle sépare la vieille ville des faubourgs et porte encore les inscriptions vénitiennes célébrant la résistance ottomane. Ses colonnes doriennes encadrent trois passages : le central pour les charrettes, les latéraux pour les piétons. Au-dessus, une statue équestre de saint Chrysogone veille sur les arrivants.

Plus haut, sur la colline, le Fort Saint-Michel domine l’île d’Ugljan depuis 265 mètres. Les Vénitiens l’ont construit au XIIIe siècle sur les ruines d’une forteresse du VIe siècle, et il servit de poste d’observation pendant la guerre de 1345-1346. Aujourd’hui, on y accède par une route asphaltée de trois kilomètres qui serpente entre les pins. Les ruines de l’église gothique et les vestiges du couvent bénédictin s’accrochent aux rochers, tandis que le rocher Željina, à l’ouest, propose plus de trente voies d’escalade.

De retour vers la ville, la porte terrestre cède la place aux remparts vénitiens qui ceignent le centre historique. Ces murs, renforcés au XVIe siècle, abritent aujourd’hui des jardins suspendus et des terrasses de cafés. On y entre par la Porte maritime, petite sœur discrète du Landtor, qui ouvre sur le port de Foša,

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Ugljan

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Gespanschaft Zadar

église Saint-Donat

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Orgue marin

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Salutation au Soleil

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cathédrale Sainte-Anastasie de Zadar

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Salle Krešimir Ćosić

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Lukoran

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Kožino

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Poljana (Preko)

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Ošljak

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