Lienz
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Lienz n’est pas seulement une ville au pied des Alpes, c’est un carrefour où se mêlent sommets vertigineux, traces antiques et mémoire récente. Entre les parois des Dolomites de Lienz et les rives de la Drau, ce territoire offre une diversité de paysages et d’histoires qui se répondent. Ici, les cimes comme la Grosse Sandspitze ou le Spitzkofel dominent des vallées où se cachent les vestiges romains d’Aguntum. Les châteaux, tels que le Schloss Bruck, veillent sur des siècles d’art et de pouvoir, tandis que des lieux de mémoire comme le cimetière des Cosaques rappellent les drames du XXe siècle. Cette route propose un voyage à travers les altitudes et les époques, où chaque étape révèle une facette différente de l’Est du Tyrol.
Entre cimes et légendes
La Grosse Sandspitze, 2770 mètres d’altitude, domine le Gailtal depuis les Dolomites de Lienz. Ses parois abruptes et ses arêtes déchiquetées en font un défi pour les alpinistes, mais aussi un spectacle pour les randonneurs qui empruntent les sentiers sécurisés comme l’arête panoramique vers la Laserzwand. Ce pic, gravi pour la première fois en 1886 par Franz Mitterhofer, porte encore les traces de ses pionniers. Les voies normales, comme la Sandspitzenrinne, sont aujourd’hui des classiques, offrant des vues sur les sommets voisins, la Kleine Sandspitze ou la Sandspitzenscharte. Les deux voies ferrées, l’Ari-Schübel et le Panorama-Klettersteig, permettent d’accéder en sécurité à ce géant, tout en révélant la puissance des paysages calcaires du sud des Alpes.
Un château témoin de siècles d’histoire
Perché sur une colline près du Hochstein, le Schloss Bruck domine Lienz depuis le XIIIe siècle. Résidence des comtes de Görz jusqu’en 1500, ce château abrite aujourd’hui un musée dédié à l’histoire locale. Ses murs épais, son donjon de 37 mètres et sa chapelle ornée de fresques de Simon von Taisten en font un lieu chargé de symboles. Les visiteurs y découvrent aussi des œuvres d’Albin Egger-Lienz, peintre emblématique de la région. Les jardins et l’étang, entourés de forêts, invitent à la flânerie, tandis que les expositions temporaires prolongent la découverte culturelle bien au-delà des salles médiévales.
Aguntum, la Rome oubliée des Alpes
À quatre kilomètres à l’est de Lienz, près de Dölsach, s’étendent les ruines d’Aguntum, ville romaine fondée au Ier siècle. Cette cité autonome, habitée jusqu’au Ve siècle, était un carrefour commercial et administratif. Les fouilles ont mis au jour une muraille de 400 mètres, des thermes, un macellum et un vaste atrium. En 2018, un salle de 360 m² a été découverte, probablement liée au système judiciaire. Le musée, ouvert en 2005, expose ces trésors sur 1250 m², tandis que la tour de 18,9 mètres offre une vue panoramique sur le bassin de Lienz. Aguntum rappelle que les Alpes furent, jadis, un territoire romain.
Le Spitzkofel, sentinelle des Dolomites
Avec ses 2717 mètres, le Spitzkofel veille sur le village de Leisach depuis les Dolomites de Lienz. Ce sommet, gravi pour la première fois en 1798 par le botaniste David Heinrich Hoppe, est aujourd’hui un objectif pour les randonneurs. Le sentier normal part du parking de la Klammbrückl, traverse le Kerschbaumertal et passe par la Kerschbaumeralm avant d’atteindre la Linderhütte. Le dernier tronçon, équipé d’une via ferrata de degré I, mène au sommet. Les paysages traversés, entre le Kühbodentörl et le Hallebachtal, offrent des vues sur les Dolomites et la vallée de l’Inn. Le Spitzkofel incarne cette alliance entre effort et récompense alpine.
Le cimetière des Cosaques, mémoire en silence
Dans le quartier de Peggetz, à Lienz, le cimetière des Cosaques rappelle un épisode tragique de 1945. Après la dissolution d’un camp britannique, des centaines de Cosaques furent livrés à l’Armée rouge. Les 28 tombes, protégées comme monument historique, abritent environ 300 victimes. Un obélisque, une chapelle orthodoxe et des autels en marbre veillent sur ce lieu de recueillement. Chaque année en juin, des cérémonies commémoratives rassemblent anciens combattants, associations et habitants. Le site, calme et baigné de lumière, invite à la réflexion sur l’histoire et ses zones d’ombre.
La Gamswiesenspitze, défi entre rochers et vertige
Ce massif de 2486 mètres, situé à l’ouest de la Laserz, est un terrain de jeu pour les alpinistes. Depuis 2006, un via ferrata de difficulté C serpente à travers des passages exposés, une passerelle suspendue et une Madonna ornée d’un halo disco. Le sommet principal, la Große Gamswiesenspitze, se rejoint après une ascension exigeante, tandis que la Kleine Gamswiesenspitze propose une alternative moins technique. Les parois ouest offrent des voies comme les Gamsplatten ou la Nordostkante, parfaites pour les grimpeurs expérimentés. Les paysages, entre karst et arêtes acérées, illustrent la rudesse des Dolomites.
La Schleinitz, reine des Schobergruppe
Avec ses 2904 mètres, la Schleinitz domine le bassin de Lienz depuis les Schobergruppe. Ce sommet, visité dès 1798 par Hoppe, est accessible depuis la station de Zettersfeld. Le sentier traverse des alpages et des éboulis avant d’atteindre une via ferrata menant au sommet. Un croix et un panorama à 360 degrés récompensent l’effort. Les lacs environnants, comme les Neualplseen ou l’Alkuser See, ajoutent une touche de sérénité à cette ascension. La Schleinitz est un symbole de la diversité alpine, entre altitude et tranquillité.
La Laserzwand, mur vertical et panoramas
Ce pic de 2614 mètres, dans les Dolomites de Lienz, se compose de deux sommets : la Kleine Laserzwand et la Schöttnerspitze. Depuis la Karlsbader Hütte, le sentier remonte le Laserzkar avant d’atteindre des passages techniques menant au sommet. Les voies comme la Bügeleisenkante ou l’Egerländerkante attirent les grimpeurs, tandis que les randonneurs profitent des vues sur les montagnes environnantes. Le Rote Turm, voisin imposant, complète ce tableau vertical. La Laserzwand est un lieu où l’escalade et la contemplation se mêlent.