Ankara
25 lieux
Ankara n’est pas seulement la capitale politique de la Turquie, c’est aussi une ville où se superposent les strates de l’histoire, où les traces des Hittites côtoient les monuments de la République, où les mosquées seldjoukides répondent aux gratte-ciels modernes. Ce parcours invite à arpenter une Ankara multiple, à la fois ancrée dans son passé anatolien et tournée vers son rôle de ville-monde. On y découvre des lieux qui racontent la naissance d’une nation, l’épanouissement d’une culture millénaire et l’énergie d’une métropole en mouvement constant.
Sur les traces d’Atatürk
Au cœur de la ville, Anıtkabir domine Ankara comme un symbole absolu. Ce mausolée blanc de travertin et de marbre, construit entre 1944 et 1953, abrite la dépouille de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne. Le site s’étend sur 750 000 mètres carrés, dont une vaste esplanade bordée de pins et de cyprès. Le Lions’ Path mène à la salle des honneurs, où une garde d’honneur veille en permanence. À l’intérieur, le musée retrace la vie du leader à travers des objets personnels, des documents et des reconstitutions. Autour du monument, le parc de la Paix rassemble des arbres offerts par des pays du monde entier, chacun portant une plaque commémorative.
Une mosquée parmi les modernes
La Kocatepe, plus grande mosquée d’Ankara, se dresse au sud du centre-ville avec ses quatre minarets élancés et sa coupole imposante. Son histoire mêle modernité et tradition : commencée en 1967 dans un style contemporain, elle fut achevée en 1987 selon les canons ottomans. Le bâtiment abrite au rez-de-chaussée un centre commercial dont les revenus financent son entretien. À l’intérieur, la lumière filtre à travers des vitraux colorés, tandis que les fidèles circulent dans un espace épuré. Autour, le quartier de Kocatepe pulse au rythme des échoppes et des cafés, offrant un aperçu de la vie quotidienne.
Le berceau des civilisations
Le Musée des civilisations anatoliennes, installé dans deux édifices ottomans du XVe siècle, est un voyage dans le temps. Le Bedesten de Mahmut Paşa et la caravansérail de Kurşunlu Han abritent des collections allant du Paléolithique aux périodes ottomanes. On y admire des tablettes cunéiformes de Boğazköy, des statues hittites colossales et des poteries de Çatalhöyük. La salle centrale expose des sculptures phrygiennes, tandis que les vitrines retracent l’évolution des sociétés anatoliennes. Le bâtiment lui-même, restauré après un incendie en 1881, témoigne de la richesse architecturale de l’époque.
La tour qui illumine la ville
Le téléphérique Atakule, construit en 1989, est bien plus qu’un simple observatoire. Du haut de ses 125 mètres, il offre une vue panoramique sur Ankara, des collines boisées du nord aux quartiers denses du sud. Son restaurant tournant permet de contempler la ville en dégustant un repas. La façade, équipée de plus de 10 000 pixels LED, s’illumine chaque heure de motifs changeants, transformant la tour en une œuvre d’art nocturne. En contrebas, les fast-foods et la salle de jeux attirent les familles, tandis que les plateformes d’observation attirent les photographes.
Un temple romain au cœur de la capitale
Le temple de Rome et d’Auguste, érigé au IIe siècle av. J.-C., est l’un des rares vestiges antiques encore debout à Ankara. Ses murs de cella, longs de 32,5 mètres, portent l’inscription bilingue des Res gestae divi Augusti, texte fondateur de la propagande impériale romaine. Le monument, dédié à l’origine à Men et Cybèle, fut ensuite consacré au culte impérial. Aujourd’hui, seules les ruines de la cella et du pronaos subsistent, mais elles suffisent à évoquer la grandeur d’Ancyre, ville romaine florissante. À deux cents mètres, la colonne de Julien et les thermes de Caracalla complètent ce tableau antique.
Une forteresse aux mille visages
La citadelle d’Ankara, perchée à 978 mètres d’altitude, est un livre d’histoire à ciel ouvert. Ses murs épais, renforcés par les Hittites, les Phrygiens et les Galates, encerclent un dédale de ruelles pavées et de maisons en pierre. À l’intérieur, les maisons basses aux toits de tuiles rouges contrastent avec les tours médiévales encore debout. Depuis les remparts, le regard embrasse la ville moderne, les collines boisées et, par temps clair, les sommets enneigés du Taurus. Le site abrite aussi des ateliers d’artisans et des cafés où l’on sert le traditionnel café turc.
L’art au service de la nation
Le Musée ethnographique, inauguré en 1930, est un hommage à la culture populaire turque. Ses collections, exposées dans un bâtiment conçu par Arif Hikmet Koyunoğlu, vont des costumes traditionnels aux armes anciennes, en passant par des objets du quotidien. Le musée a aussi abrité le sarcophage de marbre d’Atatürk jusqu’en 1953, époque où la cour intérieure servait de salle de réception pour les chefs d’État. Aujourd’hui, une statue de bronze du fondateur, œuvre de l’Italien Pietro Canonica, veille sur l’entrée. Les expositions temporaires y explorent des thèmes comme les tissus anatoliens ou les bijoux ottomans.
Une mosquée seldjoukide dans la ville moderne
L’Arslanhane Camii, construite en 1290 sous les Seldjoukides de Roum, est l’une des plus anciennes mosquées de Turquie encore en activité. Son toit carré, soutenu par 24 colonnes de bois, et son minaret unique en font un joyau de l’architecture seldjoukide. Le mihrab est orné de faïences aux motifs géométriques, tandis que le nom de la mosquée, « Maison du Lion », rappelle une statue disparue. À quelques pas, le tombeau de Şerafettin, chef des Ahi, ajoute une dimension spirituelle au lieu. L’ensemble domine la ville depuis une colline de 947 mètres, offrant une vue imprenable sur les toits d’Ankara.
Un monument pour la victoire
Le Zafer Anıtı, ou Monument de la Victoire, trône au centre de la place Ulus, cœur historique de la ville. Érigé dans les années 1920 sur des fonds collectés par des citoyens, il célèbre le triomphe des forces turques lors de la guerre d’indépendance. La statue équestre d’Atatürk, œuvre de l’Autrichien Heinrich Krippel, domine un piédestal de marbre où des bas-reliefs représentent des scènes clés du conflit. À l’est, un motif d’arbre de vie symbolise la transition entre l’Empire ottoman et la République. Les
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