Le château de Schönbrunn
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Le domaine de Schönbrunn n’est pas seulement le plus célèbre monument de Vienne, c’est un livre ouvert sur trois siècles d’histoire impériale, d’art baroque et de nature aménagée. Entre les murs du château où régnèrent les Habsbourg, les serres qui abritent des plantes venues des cinq continents, les allées tracées pour les carrosses et les pavillons où se jouaient les opéras de Mozart, chaque pierre raconte une époque où l’Europe se mesurait à l’aune de sa cour. Suivre ce parcours, c’est marcher dans les pas de Maria Theresia et de François-Joseph, mais aussi découvrir comment un parc royal devint un lieu de savoir, de détente et de mémoire collective.
Le cœur impérial : le château et ses salons
Le château de Schönbrunn, avec ses 1 441 pièces, domine le paysage viennois depuis le XVIIe siècle. La façade baroque, achevée en 1743 sous Maria Theresia, cache des appartements où se décidaient les destins de l’Europe. Le Millionenzimmer, orné de panneaux indiens en laque, et la Grande Galerie, longue de 43 mètres, accueillaient les fêtes qui impressionnaient les ambassadeurs. Les boiseries dorées, les miroirs vénitiens et les plafonds peints par Daniel Gran y sont encore intacts. Le parc, dessiné par Adrian van Steckhoven, s’étend sur 160 hectares et mêle jardins à la française, bosquets romantiques et pièces d’eau. Entre les ifs taillés et les fontaines sculptées, les allées mènent vers des édifices qui prolongent la gloire des Habsbourg.
La Gloriette, la vue qui unit la ville et le domaine
Perchée à 241 mètres d’altitude, la Gloriette domine le parc depuis 1775. Ce temple de la victoire, commandé par Maria Theresia, célèbre les succès militaires de la dynastie. Ses 84 mètres de long et ses 26 mètres de haut en font la plus grande construction de ce type au monde. Les inscriptions en l’honneur de Joseph II et de sa mère rappellent que Schönbrunn était aussi un lieu de pouvoir. Aujourd’hui, le café installé sous la verrière offre une vue à 360 degrés sur Vienne, des clochers de la cathédrale Saint-Étienne aux collines de la forêt viennoise. Après les destructions de la Seconde Guerre mondiale, la restauration des années 1990 a redonné à la Gloriette sa blancheur originelle et ses vitraux reconstitués.
Le Wüstenhaus, un désert sous verre à deux pas du zoo
Le Sonnenuhrhaus, construit en 1904 comme serre tropicale, abrite depuis 2004 le Wüstenhaus de Schönbrunn. Ses 1300 mètres carrés abritent des plantes adaptées aux climats arides : welwitschias de Namibie, cactus géants et aloès. Deux welwitschias, âgées de plus de deux mille ans, trônent au centre de la salle principale. Le bâtiment de 95 mètres de long, entièrement vitré côté sud, laisse entrer une lumière rasante qui souligne les formes épineuses des végétaux. À côté des reptiles et des oiseaux des zones désertiques, le public découvre les stratégies de survie des espèces adaptées à l’aridité. L’architecture métallique et les verrières rappellent que Schönbrunn fut aussi un laboratoire d’acclimatation végétale.
Le théâtre où Mozart fit vibrer la cour
Le Schlosstheater, inauguré en 1747, est l’un des plus anciens théâtres de cour d’Europe. Sous les lustres de cristal, Joseph Haydn dirigea ses symphonies et Mozart y donna ses premières œuvres. Le parterre, réservé à l’empereur, et les loges ornées de stucs dorés conservent l’atmosphère des représentations privées. Après l’occupation napoléonienne, le théâtre fut restauré et rouvert en 1809. Aujourd’hui, il est géré par l’université de musique et de théâtre de Vienne, qui y organise des représentations étudiantes. Les balcons en bois sculpté et la scène à l’italienne rappellent que Schönbrunn fut un foyer de la création musicale.
La Wagenburg, les carrosses qui menaient l’Europe
La Wagenburg, musée dépendant du Kunsthistorischen Museum, expose plus de 60 véhicules ayant servi la cour des Habsbourg. Galawagen baroques, berlines du XIXe siècle et automobiles impériales y sont alignés, parmi lesquels le landau de cour de 1914, restitué en 2001. Les harnais brodés d’or, les attelages en cuir ciselé et les emblèmes des maisons princières illustrent l’art du voyage à l’époque où les frontières se franchissaient en plusieurs jours. Les voitures de gala, utilisées pour les couronnements ou les mariages, témoignent du faste des cérémonies. Une visite guidée permet de comprendre comment les Habsbourg utilisaient le transport pour affirmer leur puissance.
Le Neptune et ses dieux, miroir des ambitions impériales
Entre le château et la Gloriette, le Neptunbrunnen s’étire sur cent mètres de long. Commandé par Maria Theresia en 1780, il met en scène le dieu Neptune entouré de tritons et de nymphes, symboles de la maîtrise des mers. La grotte centrale, d’où jaillit l’eau, est encadrée par deux bassins où se reflètent les statues. Deux nymphes, déplacées après une querelle artistique, ont trouvé place dans des vasques secondaires. L’eau, acheminée par gravité depuis l’étang de la Gloriette, anime en permanence la composition. Après une restauration récente, le bassin retrouve son cycle hydraulique d’origine, offrant aux visiteurs l’image d’un Versailles autrichien.
Le Palmenhaus, une forêt tropicale sous fer et verre
Inauguré en 1882, le Palmenhaus est l’un des plus grands serres du monde, avec 111 mètres de long et 25 mètres de haut. Ses 45 000 vitres, soutenues par une structure de 600 tonnes de fer forgé, abritent 4 500 espèces de plantes. La salle centrale, couronnée de trois coupoles, abritait autrefois la fameuse palme de Maria Theresia, aujourd’hui remplacée par des spécimens tout aussi imposants. Après les bombardements de 1945, la serre a été reconstruite à l’identique, sauvant ainsi un chef-d’œuvre de l’architecture industrielle. Les visiteurs y découvrent des palmiers, des fougères arborescentes et des plantes rares, le tout baigné d’une lumière tamisée par les vitraux.
Le Tiergarten, où l’histoire des animaux s’écrit depuis 1752
Fondé par l’empereur François-Étienne de Lorraine, le Tiergarten Schönbrunn est le plus ancien zoo du monde. Ses pavillons historiques, dont l’octogone de 1752, encadrent des enclos modernes où vivent 7 800 animaux de 700 espèces. Le zoo a marqué l’histoire de la conservation : il a vu naître les premiers éléphants en captivité
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