Leipzig
13 lieux
Leipzig, ville aux mille visages, déploie une mosaïque culturelle où l’histoire, la musique et les arts dialoguent à chaque coin de rue. Entre les murs du Grassimuseum, les mélodies de Bach résonnent encore dans le Bach-Museum, tandis que les ombres de Schiller et Schumann hantent leurs anciennes demeures. Les panoramas géants du Panometer emmènent les visiteurs au sommet de l’Everest ou dans les ruelles de la Rome antique, sans quitter la ville. Ce parcours traverse les lieux qui ont façonné l’âme de Leipzig, des théâtres disparus aux monuments dédiés à ses plus grands génies.
Un musée, trois mondes au Grassimuseum
Le Grassimuseum, imposant complexe né entre 1925 et 1929, abrite trois musées sous un même toit : le Museum für Angewandte Kunst, le Museum für Völkerkunde et le Museum für Musikinstrumente. Ses 27 000 mètres carrés de surface utile, conçus dans le style de la République de Weimar, mêlent éléments de la Nouvelle Objectivité et art déco. La Grassimesse, créée en 1920 par Richard Graul, y attire toujours artistes et fabricants lors de ses expositions annuelles. Les visiteurs y découvrent des collections variées, des porcelaines de Delft aux créations du Bauhaus_Sachsen, tandis que l’architecture offre des vues sur l’évolution historique de la ville. Le bâtiment, autrefois hôpital, incarne une époque où Leipzig rayonnait par son savoir-faire artisanal et son avant-garde culturelle. Ses salles, organisées par thèmes, invitent à un voyage à travers les époques et les continents.
La maison où Schiller écrivit ses vers
Au cœur du quartier de Gohlis, le Schillerhaus, plus ancien Bauernhaus conservé de Leipzig, date de 1717. C’est ici que Friedrich Schiller vécut de mai à septembre 1785, travaillant à la deuxième acte de *Don Carlos* et à la première version de *À la joie*. Le poète y occupait l’étage, transformé en musée depuis 1842 grâce à Robert Blum. L’exposition, centrée sur son œuvre et l’histoire du Schillerverein, présente une centaine d’objets, dont des manuscrits et des reconstitutions d’intérieurs saxons du XVIIIe siècle. Le Schillergarten, son jardin, accueille en été des lectures, concerts et représentations théâtrales, perpétuant l’esprit littéraire qui y régnait. La Gedenkstätte, redécouverte en 1841, reste un lieu de mémoire poétique au cœur d’un Leipzig encore marqué par son héritage culturel.
Une plongée dans l’art panoramique au Panometer
Sur l’emplacement d’un ancien gazomètre, le Panometer Leipzig, construit en 2003 par Yadegar Asisi, surprend par son architecture circulaire en briques. Son dôme culmine à 49,4 mètres, abritant des panoramas géants pouvant atteindre 110 mètres de long et 32 mètres de haut. Ces œuvres, imprimées sur des toiles et accompagnées d’effets sonores et lumineux, transportent les spectateurs au pied de l’Everest, dans les ruelles de Rome antique ou au cœur de la forêt amazonienne. Le visiteur se tient au centre de la plateforme, d’où il explore les détails du paysage sous différents angles. Le bâtiment, protégé au titre de monument, comprend aussi un foyer, un bistrot et une salle de projection où des films complètent l’expérience immersive. Les thèmes changent régulièrement, mais l’émotion reste intacte.
Le monument à Bach, gardien de la mémoire musicale
Sur le Thomaskirchhof, le Nouveau Monument à Bach, érigé en 1908 selon les plans de Carl Seffner, célèbre le compositeur sous les traits d’un homme en pleine création, la main droite levée comme pour diriger. Ce groupe néobaroque, financé à moitié par la ville et des donateurs privés, fut inauguré lors d’un festival Bach où 50 000 marks-or furent investis. Il fait écho à l’Ancien Monument à Bach et se dresse devant la fenêtre de Bach de l’église Saint-Thomas, déplacée en 1974. La statue, coulée par Noack & Brückner, repose sur un socle en calcaire coquillier conçu par Otto Wilhelm Scharenberg. À l’arrière, un bas-relief représente l’ancienne Thomasschule, tandis que des timbres postaux, dont ceux de 1985 et 2004, ont immortalisé cette œuvre majeure. Le monument incarne l’attachement de Leipzig à son fils le plus illustre.
Le Bach-Museum, entre manuscrits et mélodies
Installé dans le Bosehaus, un édifice baroque du Thomaskirchhof, le Bach-Museum attire plus d’un million de visiteurs chaque année. Ouvert en 1985 sous le nom de *Johann-Sebastian-Bach-Museum Leipzig*, il a été agrandi en 2010 pour offrir 450 mètres carrés d’expositions multimédias et interactives. Douze salles thématiques retracent la vie du compositeur, son œuvre et sa famille, tandis que la Chambre des Trésors expose des manuscrits originaux, un portrait de Bach et une console d’orgue de l’église Saint-Jean. Le musée, qui abrite aussi le Bach-Archiv, organise des concerts dans une salle restaurée du XVIIIe siècle, dédiée à la musique baroque. Son lien avec l’église Saint-Thomas, où Bach fut cantor, en fait un lieu incontournable pour comprendre son héritage.
L’hommage à Wagner, entre marbre et bronze
Le Monument à Richard Wagner, dévoilé en 2013 au Goerdelerring, unit un socle de marbre conçu par Max Klinger et une statue en bronze de Stephan Balkenhol. Cette œuvre, installée sur une esplanade autrefois fréquentée par le public, rend hommage au compositeur né à Leipzig. Le socle porte des bas-reliefs représentant les filles du Rhin, Siegfried, Mime, le dragon, Parsifal et Kundry, tandis que la statue montre Wagner en tenue quotidienne, une plaque noire évoquant son apparence ultérieure. Entouré par les Grünanlagen et le Richard-Wagner-Hain, le monument offre une vue sur la silhouette historique de la ville. Il s’inscrit dans la continuité des hommages rendus à Wagner, dont une première statue fut créée par Klinger en 1904.
La maison des Schumann, écho du romantisme
Dans l’Inselstraße, le Schumann-Haus, construit en 1838 dans le style classique, fut le premier foyer de Robert et Clara Schumann après leur mariage en 1840. Ce bâtiment de trois étages, épargné par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, abrite aujourd’hui un musée, une salle de concert et une école primaire à profil musical. Le musée, géré par le Robert-und-Clara-Schumann-Verein depuis 1995, retrace la vie du couple à travers des expositions renouvelées en 2019. La salle de concert, où se produisirent Mendelssohn, Wagner et Berlioz, reste un lieu de rencontre pour les mélomanes. Le Schumann-Haus est
Tous les lieux sur la carte