Chișinău
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Chișinău, capitale de la Moldavie, se déploie entre histoire impériale, modernité soviétique et dynamisme contemporain. Cette ville aux larges boulevards, aux parcs ombragés et aux édifices chargés de mémoire offre un parcours où se mêlent politique, culture, sport et spiritualité. Suivre les traces de Kischinau, c’est arpenter une capitale qui a su préserver son héritage tout en s’ouvrant au monde, depuis les débats parlementaires jusqu’aux stades où résonne la passion sportive, en passant par les cathédrales qui dominent l’horizon et les musées qui racontent l’âme du pays.
Cœur institutionnel et politique
Le Parlement de la République de Moldavie trône au centre de Chișinău, dans un quartier marqué par les larges avenues et les bâtiments imposants de l’époque tsariste. Avec ses 101 députés élus tous les quatre ans et son système électoral reposant sur une clause des cinq pour cent, cette institution façonne le quotidien politique du pays. Dirigé par la présidente du Parlement, Zinaida Greceanîi, après une période de crise en 2019, l’édifice incarne la stabilité démocratique moldave. Autour, les façades historiques et les constructions modernes forment un écrin architectural où se jouent les destinées nationales.
À quelques pas, le Sfatul Țării rappelle une page cruciale de l’histoire moldave. Cette assemblée nationale de Bessarabie, née en novembre 1917 à Kischinew, réunissait près de mille délégués issus de différentes ethnies, dont deux femmes, une rareté pour l’époque. Sous la direction d’Ion Inculeț, elle décida d’abord de l’autonomie de la Moldavie démocratique au sein de la Russie, avant de solliciter l’intervention roumaine en mars 1918. Le plébiscite qui suivit, marqué par une large majorité en faveur du rattachement à la Roumanie, scella un tournant politique dont les échos résonnent encore aujourd’hui.
Cathédrales et spiritualité
La cathédrale de la Nativité du Seigneur, chef-d’œuvre du classicisme russe, domine le quartier de Buiucani. Construite entre 1830 et 1836 par l’architecte Avraam Melnikov sous l’impulsion du métropolite Gavril Bănulescu-Bodoni, elle survécut aux destructions de la Seconde Guerre mondiale avant d’être restaurée dans les années 1950. Le clocher, dynamité en 1962, fut reconstruit en 1997, redonnant à l’édifice sa silhouette emblématique. À l’intérieur, trois autels et une coupole percée de huit fenêtres éclairent un espace sacré où se mêlent tradition orthodoxe et mémoire nationale.
Non loin, le monastère Ciuflea, fondé en 1858 grâce à la générosité d’Anastase Ciufli, offre un contraste saisissant. Cette église en brique rouge, simple et austère, fut élevée en l’honneur de saint Théodore d’Amasea et devint temporairement cathédrale sous le régime soviétique. Après sa fermeture en 1962, elle retrouva sa vocation monastique en 2002, devenant un lieu de recueillement où reposent les restes du frère du fondateur.
La cathédrale de la Providence divine, joyau du classicisme, témoigne quant à elle de la présence catholique à Chișinău. Construite entre 1840 et 1843 par l’architecte pétersbourgeois Iossif Ivanovitch Charlemagne, elle fut confisquée en 1964 par les autorités soviétiques qui en firent un studio d’enregistrement. Restaurée à partir de 1989, elle abrite depuis 1993 le siège de l’Administration apostolique de Moldavie. Ses deux tours campanaires et son portail en arc de cercle en font un repère architectural unique dans le paysage urbain.
Savoir et création
La Bibliothèque nationale de la République de Moldavie, héritière de la bibliothèque publique de Bessarabie ouverte en 1832, conserve plus de 2,5 millions de documents en 30 langues. Parmi ses trésors figurent 21 000 ouvrages anciens, dont des incunables et la *Cazania lui Varlaam*, premier livre imprimé en Moldavie en 1643. Dirigée par Elena Pintilei, l’institution s’inscrit dans les principes de l’UNESCO et participe à la Bibliothèque numérique européenne. Ses salles de recherche et ses collections historiques en font un phare de la culture moldave.
Le Musée national des Beaux-Arts, né en 1939 de l’initiative du sculpteur Alexandru Plămădeală et du peintre Auguste Baillayre, abrite une riche collection d’œuvres moldaves et roumaines. Installé dans un ancien lycée pour filles conçu par Alexander Bernardazzi, il propose également des expositions dans la villa Herța, située entre les avenues Ștefan cel Mare et Sfînt. Parmi les artistes exposés figurent Ada Zevin et Claudia Cobizev, dont les œuvres illustrent la diversité du patrimoine artistique local.
Sport et mémoire collective
Le stade Zimbru, inauguré après seulement 27 mois de travaux et un budget de 11 millions de dollars, est le temple du football moldave. Avec ses 10 500 places, il répond aux exigences de l’UEFA pour les rencontres internationales et accueille les matchs de l’équipe nationale ainsi que ceux des clubs Zimbru Chișinău et FC Dacia Chișinău. Le complexe sportif, qui s’étend sur six hectares, comprend également des terrains de tennis, des salles de fitness et un musée dédié au sport moldave. Autrefois, le stade Republican, démoli en 2007, occupait une place centrale dans la vie sportive de la ville, accueillant dix-sept finales de la Coupe de Moldavie.
Parcs et sculptures
L’Allée des Classiques, située dans le parc Ștefan cel Mare, rassemble 28 bustes en granit rouge de personnalités littéraires et politiques, disposés par ordre alphabétique. Inaugurée en 1958 avec douze sculptures, cette promenade s’est enrichie après la chute de l’URSS de figures moldaves et roumaines autrefois interdites. Au début de l’allée, une colonne de granit supporte la statue de bronze d’Alexandre Pouchkine, tandis qu’à l’autre extrémité s’ouvre la vue sur le boulevard du même nom. Ce parcours, inspiré des jardins Cișmigiu de Bucarest, célèbre la mémoire des grands esprits qui ont marqué l’histoire culturelle de la région.
Pouvoir et résidence présidentielle
Le bâtiment de la Présidence de la République de Moldavie, construit entre 1984 et 1987 par les architectes Yuri Tumanean, Arkady Zaltman et Viktor Iavorski, fut le siège du Soviet suprême de la RSS de Moldavie avant de devenir, en 1991, le lieu de la déclaration d’indépendance du pays. Depuis 2001, il abrite la résidence officielle du président, comme Vladimir Voronin, dont le mandat fut marqué par les événements du 7 avril 2009. Après une rénovation soutenue par la Turquie, le
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